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 Groupe Commune de Paris de La Fédération Anarchiste
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Oradour sur Kabylie

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ML-été-2026

Oradour sur Kabylie

 

Safia Kessas et Fabrice Riceputi nous livrent le résultat d’une longue enquête conduite entre 2019 et 2025. Ils tentent dans Un massacre en Kabylie de redonner la parole aux « invisibles » ou plutôt invisibilisés, « des Français vraiment à part », des « indigènes ». Il s’agissait pour les auteurs de revenir sur ce que d’aucuns nommèrent « les événements d’Algérie » en particulier dans trois villages dans les hauts de la vallée de la Soummam.

Le 23 mai 1956, la soldatesque encercle les villages et y commet le pire, comme d’autres le firent dans d’autres villages en France, au Vietnam et ailleurs. 75 personnes y furent massacrées, parfois violées, vieillards, femmes, enfants et quelques hommes. Tout y était autorisé aux dires des officiers : « les femmes qui nous plaisent on les baise, les hommes qui nous plaisent pas (sic), on les tue ». Autre détail atroce, le sort d’un des habitants qui eut les deux mains coupées à la hache, ce qu’un officier justifie : « ce sont ces mains qui donnaient à manger aux fellagas ».

De fait il s’agissait d’un massacre programmé, les gradés avaient en main une liste avec les noms de ceux qui devaient être sommairement exécutés dans le cadre de cette opération de « pacification » comme on disait alors.

Les femmes, souvent les oubliées de cette sale guerre, furent dans ses villages martyrs victimes de nombreuses violences sexuelles et sexistes et utilisées  comme arme de guerre et d’humiliation collective. Violences exercées tant sur les maquisardes que sur les villageoises (viols collectifs, mises à nues publiques, etc.).

Pour beaucoup, hommes, femmes et enfants, après la destruction des villages, ils vécurent la déportation vers des « camps de regroupement » insalubres (lire de concentration).

Un livre de témoignages poignants pour entamer la bonne conscience coloniale et son mythe de l’apport civilisationnel. Un livre pour mettre fin au déni de la domination brutale de l’Algérie de 1830 à 1862 et pour y dénoncer les crimes qui y furent commis en toute impunité par certains soldats du rang avec l’accord (l’appui) de la hiérarchie militaire. Crimes coloniaux commis par des sbires en kaki en Kabylie, à l’instar des 100 000 tués lors de la répression de l’insurrection malgache en 1947 et des 500 000 morts au Vietnam durant la guerre que la « France » y mena.

 

Hugues, groupe Commune de Paris  

 

Kessas Safia, Riceputi F., 2226 Un massacre en Kabylie, Algérie 1956, Paris, La Découverte.

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