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 Groupe Commune de Paris de La Fédération Anarchiste

Opération Condor

Opération Condor

         Un continent sous contrôle américain

 

Novembre 1975, le plan Condor, un pacte secret se met en place couvrant les dictatures d’Amérique du sud. Objectif : organiser une coopération criminelle anticommuniste et contre-révolutionnaire avec le concours de la CIA et orchestré par Henry Kissinger. Résultat estimé : un demi-million de morts. Au Paraguay, le sinistre dictateur, le général Stroessner, lance le processus avec la complicité de services secrets européens dont ceux de la France (cf l’expérience en Algérie par les paras de Bigeard et Aussaresses), américains avec l’appui de nazis opportunément réfugiés grâce à différentes complicités dans ces Etats où le mot démocratie est inconnu. C’est dire si les méthodes d’arrestations et d’interrogatoires sont abjectes. Un homme, Martin Almada, professeur adepte de la pédagogie des opprimés de Freire, avocat connaît les affres des geôles et les tortures pendant mille jours. C’est son combat que nous relate Pablo Daniel Magee. Il faut dénoncer et parler de ces années de souffrance, les arrestations arbitraires, les accusations absurdes, les tortures physiques et psychologiques indescriptibles, la bêtise crasse des bourreaux pour qui tout démocrate est communiste.

L’horreur implacablement décrite

« Au Panama, Doctor Almada, il y a ce qu’on appelle l’Ecole des Amériques. Les Yankees l’ont ouverte après la Seconde guerre mondiale, à l’aube de la Guerre froide, pour former la police et les militaires d’élite de notre continent à leur méthode et, ainsi, nous intégrer au bloc idéologique américain dans le cadre de leur logique de Guerre froide. » souligne un colonel emprisonné avec Almada. Il s’agissait de contrecarrer le rayonnement de Fidel Castro. « L’idée du Condor, c’est de créer un réseau de communication ultrarapide et réactif entre les services secrets des pays membres à travers le Continent, inspiré par Interpol. La communication se fait par télex. »

A travers la vie de Martin Almada, le lecteur revivra les souffrances de tous les dissidents du continent, se remémorera les manifestations de soutien dans le monde et mesurera que le combat n’est jamais achevé. Même des gouvernements dits progressistes en Europe ont poursuivi leurs relations avec ces Etats malgré les dénonciations avérées. La raison d’Etat l’emportait.

Evadé en 1978, Almada se réfugie en France, travaille à l’Unesco, puis à la fin apparente de la dictature retourne dans son pays. Après une enquête minutieuse, il met la main sur cinq tonnes de documents TOP SECRET, les archives de la Terreur. Le contenu est implacable. Les Etats se défaussent mais au vu des évènements actuels en Amérique latine, Martin Almada considère que le « Condor vole toujours ».

  • Opération Condor

Un homme face à la terreur en Amérique latine

Pablo Daniel Magee

Ed. Saint-Simon, 2020

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