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 Groupe Commune de Paris de La Fédération Anarchiste

Enterrement de Riches Enterrement de Pauvres

Enterrement de Riches Enterrement de Pauvres

Les gens que l’on appelle riches n’ont pas de problèmes pour se trouver un cimetière, Gerbe de fleurs, marbre, discours, etc… puis se faire élever des monuments funéraires voués à l’oubli dans le temps, vu la perte de mémoire des descendants.

Par contre quand vous êtes considérés comme pauvres, en langage administratif (sans ressources), vous n’avez le droit qu’à une sépulture sur le terrain commun ou encore parfois appelé carré des indigents et anciennement appelé fosse commune. Un emplacement individuel souvent repris au bout de 5 ans par la municipalité qui gère le cimetière. Une fosse individuelle pour indigent est normée (1m50 à 2 m de profondeur) sur 80 cm de largeur, la longueur n’est pas précisée par les textes (malheur au géants). Il se peut que certains maires sans cœur se retournent vers les descendants et au titre de la solidarité familiale, réclame tout ou une partie des frais d’obsèques de l’indigent enterré.

Au bout des 5 ans, la tombe est relevée et les restes sont transférés dans l’ossuaire du cimetière, et la tombe réattribuée à un autre indigent.

Jusqu’à la fin du 19e siècle la fosse commune existait bel et bien ou autrement appelée la tranchée dont on peut retrouver cette appellation sur les archives funéraires de certaines communes. Parfois un simple cercueil de bois brut, parfois juste un linceul saupoudré de chaux vive pour accélérer la disparition complète des dépouilles mortelles, faisant ainsi de la place plus rapidement pour les futurs indigents. J’ai appris ainsi, en faisant des recherches généalogiques, que mon arrière arrière-grand-père fut enterré dans la tranchée d’un cimetière parisien sans précision du lieu en 1881.

Comme quoi l’inégalité de traitement nous poursuit jusqu’au fond de la tombe. À quand des cimetières égalitaires en traitement ? Pas pour demain, je pense. De plus ce terme d’indigent reflète encore en matière d’obsèques, une forme de mépris de classe.

J’aimerais rajouter, de ne pas compter sur moi pour que j’aille à mon propre enterrement, n’y comptez pas. J’aime trop la vie.

Frédéric C.

Groupe Commune de Paris.

Article Paru dans le monde libertaire du mois Février 2021 N°1825

https://www.monde-libertaire.fr/

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