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 Groupe Commune de Paris de La Fédération Anarchiste

Antoni Campana Trésor photographique de la Guerre d'Espagne

Antoni Campana Trésor photographique de la Guerre d'Espagne

Les visages d’un peuple

Combien de souvenirs, de souffrances sont encore cachés en Espagne ? En 2018, deux boîtes rouges sont découvertes lors de la démolition d’une maison, 5 000 clichés du photographe Antoni Campana Bandranas, pris lors de la Guerre d’Espagne. Les éditions du Seuil en livrent une sélection. Ils sont beaux ces visages rayonnants d’espoir et de joie. Campana centriste, catholique sort de son laboratoire de photographe pictorialiste pour montrer la vie quotidienne des Barcelonais avant la révolution, puis les premiers mouvements, manifestations populaires où les anarchistes, les poumistes sont majoritaires. Sa présence dans la rue en fait un pionnier du photojournalisme et un acteur majeur de la photographie espagnole. L’ouvrage est une synthèse de l’histoire de cet art avec une analyse pertinente sur la manipulation des images dans les deux camps. Les passionnés de photographie y trouveront leur compte.

Un maître du photojournalisme

Il reste la partie la plus dense composée de dizaines de photos, des miliciens caserne Bakounine, cette femme levant le poing, ceux qui savent ce qu’ils vont perdre si Franco conquiert le pouvoir. Une dignité certaine et une volonté farouche dans le regard et le sourire de la milicienne anarchiste Sara Berenguer (16 ans) au foulard rouge et noir. Les meetings, celui du 25 octobre 1936, réunissent encore les sensibilités républicaines. Mais l’Union soviétique contrôle le soutien à la République face aux atermoiements des démocraties bourgeoises devant les dictateurs. Les canons italiens bombardent Barcelone et les dégâts sont considérables.

Emotion et engagement

Le ravitaillement est difficile en raison de la progression des troupes franquistes et l’arrivée des réfugiés d’Andalousie. Les visages deviennent tendus, inquiets.

Des barricades pour se défendre mais contre qui ? Les fascistes mais certaines forces dites républicaines ! Nouvelle émotion avec cette photo de l’enterrement de Durruti le 23 novembre 1936. La guerre civile se double d’une guerre intérieure.

Et puis c’est la débandade, les véhicules brûlés, les armes abandonnées le long du chemin vers la France, les visages désespérés. Les mêmes regards que ceux des communards de 1871.

Campana est resté en Espagne, faisant oublier son relatif engagement pour la République, il livre des visages durs, fermés devant le défilé des vainqueurs, les bras sont tendus vers les troupes, y compris allemandes. Pour quarante sinistres décennies.

  • La boîte rouge

Collectif

Ed. Seuil, 2020

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