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 Groupe Commune de Paris de La Fédération Anarchiste

Pétition Sacré Cœur classement monument historique

Pétition Sacré Cœur classement monument historique

Comment nos élus républicains envisagent de commémorer le 150ème anniversaire de La Commune ?
en classant le Sacré-Cœur au titre des monuments historiques

Quelles sont les réelles motivations de nos représentants - Maire de Paris, Préfet d’Ile-de France, Ministre de la culture -, à vouloir classer cette basilique au titre des monuments historiques ?
Quels messages adressent-ils en ces temps de profonde réflexion sur la laïcité et à l’approche du 150ème anniversaire de la Commune ?

La basilique du Sacré Cœur est le 2ème site religieux le plus visité de Paris (11 millions par an).

« Si Dieu sauve Paris », Alexandre Legentil (1821-1889), propriétaire de grand magasin, fait le vœu, avec son beau-frère Hubert Rohaut de Fleury, de consacrer sa fortune à la construction d’un sanctuaire dédié au Sacré Cœur.

 

 
cf source n° 1
 
Le « Vœu National » est rédigé en 1871 en vue de l’édification, à Paris, d’une église dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, en signe d’expiation nationale et de retour à la foi : « Beaucoup de cœurs sont aujourd’hui séparés du cœur de Jésus. Cette séparation est un malheur national […] par la bénédiction des    prières […] la patrie peut être sauvée encore de la ruine où l’apostasie l’entraîne, et que
 
consommerait le triomphe des idées subversives de la révolution (p.5) ; Ainsi parmi nous, des hommes ont deux fois mis la révolution en présence de l’autel. Une fois, la révolution avait la figure d’une prostituée appelée Déesse Raison ; l’autre fois, elle avait la figure d’une furie appelée la Commune (p.14) ; Nous faisons un vœu au Sacré-Cœur de Jésus […] Sauvez la patrie en sauvant les âmes… (p.19) ».
Ce texte, approuvé par le cardinal Joseph Hippolyte Guibert, archevêque de Paris, est édité en 1873.

Pour ériger cette église d’expiation, l’archevêque de Paris retient la colline de Montmartre, lieu des martyrs des premiers chrétiens et lieu où fut fondé la Compagnie de Jésus. (cf source n°2)
Mais la butte de Montmartre vient d’être également le théâtre d’une insurrection, celle des parisiens, commencée le 18 mars 1871, face au retrait par le gouvernement de Thiers des canons utilisés pour défendre la capitale. Elle marque le début de la Commune de Paris.
Les autorités religieuses n’ont-elles pas été aussi influencées dans leur choix par le fait que c’est à cet endroit où, le 18 mars, furent arrêtés par leurs propres soldats - ayant fraternisé avec les insurgés
-, les généraux de la Garde nationale Clément-Thomas et Lecomte ? Ils avaient reçu l’ordre de récupérer les canons mais aussi d’arrêter les meneurs. Tous deux ont été fusillés le même jour.

Les promoteurs de ce sanctuaire font appel au gouvernement de Mac Mahon afin qu’il soit reconnu d'utilité publique. Après de houleux débats, les députés, à majorité monarchistes et catholiques, adoptent cette proposition le 24 juillet 1873.
En 1874, le projet de l’architecte Paul Abadie (1812-1884) est adopté. La basilique, achevée en 1912, ne sera consacrée qu’après la Première Guerre mondiale en 1919.

Gallia poenitens ! (France, repens-toi !) figure sur la coupole de l’abside. Le texte du Vœu National est placé dans la Basilique ; le cœur d'Alexandre Legentil est déposé dans la crypte.
 
Cet édifice n’est pas en odeur de sainteté au regard de la mémoire collective parisienne (source n°3).

Pour beaucoup de citoyens, pas seulement parisiens,
ce monument – arrogant - est associé à l’écrasement par le sang de cette insurrection populaire en réponse à la capitulation du gouvernement provisoire menaçant la République, à cette révolte du peuple ouvrier expulsé par Haussmann et Thiers, misérable mais ayant voulu résister pour retrouver sa dignité.

L’afflux des touristes, venant surtout admirer la vue sur Paris, et la gentrification actuelle de la capitale ne peuvent occulter la mémoire de ces citoyennes et citoyens aspirant, entre autres, à

la séparation de l’Eglise et d’Etat,
annonçant ainsi la loi de 1905.

Dominant la colline de Montmartre, on peut voir cette basilique de partout à Paris, dit-on.
Non, non ! Pas depuis le mur des Fédérés au cimetière du Père Lachaise, mur contre lequel, le 27 mai 1871, furent regroupés et fusillés les derniers communards après un ultime combat au milieu des tombes. (source n°4). La procédure de classement devrait s’achever en 2021, sera-ce en mai ? …

Contrairement aux propos de la Ministre ces « querelles » ne sont pas « derrière nous ». L’Assemblée nationale en 2016 a voté une résolution réhabilitant les communards et souhaitant faire connaître leurs valeurs (source n°5).
Leurs espérances politiques et sociales ont été rappelées ces derniers mois dans la rue. (source n°6)

Les Amis parisiens de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD 75) soutiennent l’association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871, créée en 1882 par les communards rentrant d'exil et de déportation (7 000 déportés en Nouvelle-Calédonie) et appellent à s’opposer à cette décision sur http://chng.it/BzH6bcVwN9.

Gallia, recordamini ? (France, te souviens-tu ?)

 


Sources :
 
Au nom du bureau de l’AFMD 75, Catherine Breton, présidente
 
n°1 : Le vœu national de la France au Sacré Cœur de Jésus - Considérations sur les malheurs de la France (1873) : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5452885t.
n°2 : http://jesuschristenfrance.fr/sacre-coeur-de-jesus/article/le-voeu-national-de-l-edification n°3 : Christophe Forcari, article dans « Libération » du 14 octobre 2020
n°4 : Jean-Luc Porquet, article dans « Le Canard enchaîné » du 1er août 2012 n°5 : Gisèle Provost : http://chng.it/BzH6bcVwN9.
n°6 : Eric Fournier, article dans la Tribune de Libération du 11 novembre 2020 : https://www.liberation.fr/debats/2020/11/04/la-bataille-du-sacre-coeur-un-combat-d-arriere-garde
« Plus que dans le patrimoine parisien, auquel appartient bien sûr le Sacré-Cœur, la mémoire vive de la Commune s’exprime, depuis quelques années, dans les espaces des luttes sociales les plus déterminées, … Et là, il n’est ni patrimonialisation ni réconciliation possibles. »

 

24-août-1944
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